Mon plus beau souvenir de fruits et légumes frais…

Il suffit d’humer une divine effluve de tartes aux poires pour replonger en enfance. De croquer dans une fraise bien acidulée pour revivre l’été de ses 13 ans. De savourer un bon pot-au-feu pour repenser aux vacances chez mamie… On a tous ainsi dans notre mallette à souvenirs des histoires savoureuses, croustillantes, émouvantes et parfumées sur les fruits et légumes frais. Parmi elles, celles de Philippe, Marie, Isabelle, Sébastien et Christine, qu’ils nous ont confiées à la manière de George Perec et de son célèbre « Je me souviens ».

L’ODEUR DE L’ENFANCE

« Je me souviens, enfant, quand ma grand-mère préparait sa fameuse potée auvergnate. Je n’avais pas le droit de mettre un pied dans sa cuisine, son antre, son chez-elle. Je me cachais derrière la porte pour la voir quand même s’agiter en cuisine, découper à toute vitesse les poireaux, carottes et chou… C’était magique. Et quand l’odeur de la viande et des légumes cuits commençait à envahir toute la maison, mes mains soudain tremblaient, mes poils s’hérissaient… Alors que j’étais un enfant frêle et peureux, toujours en tension, je me sentais d’un coup étonnamment bien, enveloppé, protégé par cette odeur familiale et familière, l’odeur de ma grand-mère, de mon enfance… » Philippe, 65 ans

LE GOÛT DE LA LIBERTÉ

« Je me souviens du moelleux aux pommes de ma mère, que je dévorais chaque mercredi. Je détestais l’école, j’avais très peu d’amis et très peu de bonnes notes. Alors pour moi, ce moelleux aux pommes avait le goût exquis de la liberté ! » Sébastien, 33 ans

LE PARFUM DE LA NOUVEAUTÉ

« Je me souviens de ma première confiture de fraises « maison ». C’était l’été, j’’avais 8 ans et je passais mes vacances en famille près de Sarlat. On se chamaillait avec ma sœur dans le jardin, lorsque Lucette, notre voisine, nous proposa de venir l’aider à préparer ses confitures de fraises. On a donc sorti une belle bassine en cuivre que les rayons du soleil faisaient briller de mille feux. On ne cuisinait pas beaucoup à la maison alors qu’est-ce que l’on a aimé équeuter, couper et écraser (tout en en mangeant deux ou trois au passage !) les fraises avant de les faire cuire doucement avec le sucre ! Une fois les pots remplis et retournés, Lucette nous prépara des tartines d’écume de confiture. Je n’avais jamais rien mangé d’aussi bon ! » Isabelle, 52 ans

LA CHALEUR DU SOUVENIR

« Je me souviens du tian provençal de ma « mamie du sud ». Il était comme elle : coloré, chaleureux, fondant et rempli d’amour. Quand je le prépare pour mes enfants, c’est comme si ma mamie était de nouveau à mes côtés. Son rire résonne dans toute la cuisine, sa main inquiète se pose sur mon épaule quand je découpe les courgettes, et lorsque je sors le tian du four, je l’entends murmurer au creux de mon oreille : « Mon petit soleil, tu les entends les cigales ? » Christine, 56 ans

LE CROQUANT DE LA VIE

« Je me souviens de la salade de fruits de mon papy. J’étais toujours partante pour l’aider à dénoyauter les pêches, les cerises et les abricots, à couper le melon et la pastèque en petits dés. Personne n’était derrière mon dos pour me dire de faire attention avec le couteau et l’économe ou de couper les fruits avec soin… Mon papy avait confiance en moi, il m’a toujours encouragée dans tout ce que je faisais. Ce que j’aimais plus que tout, c’est quand il se mettait à chanter à tue-tête « Salade de fruits » de Bourvil en dansant autour de la table, en faisant tournoyer le tablier de mamie au-dessus de sa tête et en faisant du tambour avec les casseroles et les spatules. La cuisine avec lui, c’était une vraie fête ! » Marie, 42 ans

Photo : ©Shutterstock

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